La « liberté » dans le travail ne vous fait pas peur…au contraire, vous souhaitez vous affranchir de toute subordination hiérarchique, organisation managériale et contraintes spatio-temporelles pour travailler sur les sujets qui vous plaisent, avec qui, quand et où vous voulez en devenant freelance ?

Comment passer du rêve à la réalité sans se tromper ? Cela suppose de bien connaître l’étendue de ses compétences techniques et de son comportement entrepreneurial.

En effet, le travailleur indépendant est celui qui n’a pas de patron mais des clients (donneurs d’ordre) pour qui il effectue lui-même une prestation (artisanale, commerciale, artistique ou intellectuelle). Il est ainsi autonome dans l’organisation de son travail : horaires, date d’intervention, moyens mis en œuvre, négociation de la prestation. A travers les missions qu’il peut choisir, il oriente et gère seul sa carrière.

Dans ce cadre, plus les compétences et l’expérience dans un domaine sont reconnues et plus le freelance pourra faire le choix des missions, de préférence sur un marché dynamique et porteur.

Rappelons que les besoins en prestation de services informatiques, qu’ils soient d’intégration d’assistance technique, de conseil ou d’infogérance, n’ont de cesse d’augmenter. L’aventure sur ce marché des prestations informatiques semble donc plutôt tentante.

Pour assouvir cette soif de mobilité et de souplesse de travail, nous vous proposons de vous pencher sur l’évaluation de votre profil afin de mettre toutes les chances de votre côté pour réussir.

Hormis les compétences techniques, la formation et l’expérience dans le secteur, la personne qui se lance en freelance doit idéalement avoir les aptitudes suivantes :

    1. L’autonomieDans le cadre d’une création d’entreprise, l’autonomie recouvre plusieurs savoir-faire et savoir-être :
      • l’auto-gestion : être à son propre compte implique d’abord de savoir gérer un budget en intégrant les charges incompressibles liés à la création de l’activité mais aussi à son fonctionnement : coût d’investissement, trésorerie…
      • l’auto-discipline : savoir se motiver seul face aux difficultés. En effet, sans encadrement horizontal (chef) ni vertical (collègue), le prestataire doit trouver les ressources pour avoir le même dynamisme dans son travail. Se fixer un cadre et une méthode de travail rigoureuse doivent permettre de ne pas dévier de ses objectifs.
      • le sens de l’organisation : savoir tenir les délais pour le client est primordial au risque de le mécontenter mais aussi de prendre du retard sur d’autres missions qui viendraient s’enchaîner. Il faut savoir s’imposer des étapes de travail et se donner éventuellement une marge de sécurité.

Ne pas oublier que le freelance est polyvalent dans les tâches administratives et comptables, tâches souvent négligées mais indispensables à traiter sous peine de pénalités financières de la part des organismes fiscaux et sociaux.

Le choix de bons outils de travail et adaptés aux objectifs de la mission contribue aussi à une meilleure organisation de son temps.

    1. Capacité d’adaptationTel un caméléon, le freelance doit prendre les couleurs de son nouvel environnement.
      • Savoir « se vendre » : Le fait d’être indépendant implique de savoir prospecter et se vendre soi-même ce qui est loin d’être évident. Cela renvoie à des compétences commerciales ménageant une dose de valorisation de son parcours professionnel, de ses compétences techniques et de sa personnalité en évitant de se montrer trop prétentieux. C’est en effet à vous que revient la fonction de prospection et de négociation commerciales. Pour cela, vous devez faire preuve de persuasion et de conviction.
      • Savoir être à l’écoute du client : en cas de reformulation ou d’évolutions des demandes du client, il vous revient de trouver rapidement d’autres solutions à proposer afin de s’ajuster au mieux aux nouvelles contraintes, quitte à redéfinir les termes de la mission.
      • Savoir intégrer une mission en « mode projet » : il s’agira souvent de savoir travailler sous l’autorité d’un chef de projet et avec des équipes, techniques ou fonctionnelles, déjà constituées. Dans ce mode de travail transversal où la notion de hiérarchie est quasi-inexistante, chacun des acteurs contribue à la réussite du projet en apportant son expertise en un temps et budget contraints.
      • Savoir être mobile rapidement : c’est un des avantages du statut de freelance pour qui aime découvrir de nouvelles pratiques que de pouvoir changer en peu de temps (dans un délai de 3 à 6 mois en général) de missions que ce soit en termes de secteur d’activité ou de zones géographiques. Cette flexibilité peut parfois paraître contraignante mais constitue un atout indéniable puisqu’elle vous permet d’avoir une expérience multi-culturelle.
    2. Capacité d’anticipation« Anticiper, c’est prévoir » pour reprendre pour le compte de l’entrepreneur la formule bien connue d’Emile de Girardin qui évoquait la capacité de gouverner. Quelles sont les actions concernées ?
      • Savoir anticiper la recherche de nouveaux prospects, de nouvelles missions. Ne pas hésiter à repérer les sites et plateformes Internet qui proposent des missions dans votre secteur et à présenter sa candidature. En effet, les délais d’appels d’offres peuvent être plus ou longs, il est donc important de se ménager un temps pour de la prospection pour ne pas être pris de court en fin de mission.
      • Savoir entretenir son taux « d’employabilité ». En d’autres termes, il s’agit de savoir, compte tenu à la fois de votre expertise et du contexte économique, combien de temps il vous faut pour retrouver une nouvelle mission. En tant que freelance, on se retrouve souvent moins armé en termes de formation et d’échanges professionnels, c’est pourquoi il est important d’assurer une veille permanente et une auto-formation de son métier pour rester dans le marché. Les réseaux professionnels voire personnels représentent une source d’information et d’échanges thématiques intéressante sans oublier des participations à des réunions ou colloques. Il faut en effet se mettre à jour des nouvelles pratiques et évolutions technologiques de son métier.
    3. Goût pour les challengesLa recherche des défis est une des raisons pour lesquelles le statut de prestataire indépendant est recherché. Quels sont les plaisirs associés ?
      • La découverte de nouveaux horizons est stimulante : connaître un nouvel environnement de travail, de nouvelles pratiques professionnelles mais aussi d’autres partenaires de travail sont autant de sources d’enrichissement professionnel que personnel.
      • Plaisir de se dépasser, d’avoir de nouveaux objectifs et enjeux professionnels
      • Casser la routine professionnelle
    4. Maîtrise de soiDans le cadre de relations directes avec le client, votre personnalité tout autant que votre expertise technique sont appréciées. Le savoir-être peut-être une composante déterminante dans la sélection du prestataire indépendant que vous êtes.
      • Savoir faire preuve de diplomatie : les profils « colériques » ou « caractériels » devront s’abstenir car les relations entre client et vous doivent rester cordiales et professionnelles ce qui ne vous empêche pas bien sûr d’être ferme sur les termes de la mission. Dans ce milieu, le monde est petit c’est pourquoi la relation clientèle doit être soignée.
      • Savoir gérer son stress dans le cadre de la conduite du projet mais également lorsqu’il s’agit de faire face à des périodes d’inter contrats qui peuvent être plus ou moins longues en fonction du contexte économique.

Etre à son propre compte c’est en définitif aussi accepter d’avoir une certaine insécurité ou fluctuation financière liée aux éventuelles périodes d’inter-contrats.

Afin de vous aider à vous situer sur le niveau de maturité de votre projet d’indépendance, nous vous proposons d’évaluer avec la plus grande sincérité ces aptitudes en notant de 1 à 5 les critères. Ce graphisme en toile d’araignée (ou dit radar) va vous permettre de repérer les points forts et faibles de votre profil actuel.

A vous de jouer maintenant !

Plus la toile formée est grande et homogène sur les différents axes, est plus vous êtes mûrs pour vous lancer.

En revanche, si les résultants ne s’avèrent pas convaincants (moins de 3 sur les 5 qualités), ne vous découragez pas : des formations peuvent vous aider à gagner en confiance ou en organisation. Le temps et l’expérience offrent aussi cet avantage d’acquérir de la méthode.

Ce projet peut donc tout simplement être reporté…

N’hésitez pas à refaire le test lorsque vous sentez avoir franchi une étape importante dans vos capacités.

Car comme dirait l’auteur du deuxième sexe, Simone de Beauvoir à propos des femmes : « on ne naît pas freelance, on le devient » !